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 Poèmes, pensées, textes dédiés aux animaux

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Morvan
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Message Sujet: Poèmes, pensées, textes dédiés aux animaux   Dim 17 Mai 2015 - 20:36

Voici un texte très triste et émouvant, mais si beau et si vrai. Parce que abandon ne rime pas nécessairement avec adoption... Pour que les gens prennent conscience que "confier" leur animal à un refuge ou à une SPA n'engendrera que détresse, souffrance et souvent la mort. Les adoptions, même nombreuses ne concernent qu'un infime pourcentage des chiens abandonnés. Commence alors une longue attente, parfois vaine, parfois d'une vie... L'euthanasie est un fait quotidien.

Au fond du vieux refuge...
Texte de Gilbert Dumas, publié par Brigitte Bardot

Au fond du vieux refuge, dans une niche en bois,
Depuis deux ans je purge, d'avoir trop cru en toi.
Tous les jours je t'attends, certain que tu viendras,
Tous les soirs je m'endors, sans que tu ne sois là.

Pourtant je suis certain, je te reconnaîtrai,
Viens me tendre une main, je te la lécherai.
Tu te souviens très bien, quand je sautais sur toi,
Que tu me caressais, que je dansais de joie.

Que c'est il donc passé, pour que ce 16 juin,
Heureux que tu étais, je me rappelle bien,
Tu sifflais, tu chantais, en bouclant les valises,
Que tu m'aies attaché, là, devant cette église.

Je ne peux pas comprendre, et ne croirai jamais,
Que toi qui fus si tendre, tu sois aussi mauvais.
Peut-être es-tu très loin, dans un autre pays,
Mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli.

Ton absence me pèse, et les jours sont si longs,
Mon corps s'épuise, et mon cœur se morfond.
Je n'ai plus goût à rien, et je deviens si laid,
Que personne, jamais, ne voudra m'adopter.

Mais moi je ne veux pas, que l'on me trouve un maître,
Je montre bien mes dents, et je prends un air traître,
Envers qui veut me prendre, ou bien me caresser,
Pour toutes illusions, enfin leur enlever.

Car c'est toi que j'attends, prêt à te pardonner,
A te combler de joie, du mieux que je pourrai,
Et je suis sûr, tu vois, qu'ensemble nous saurions,
Vivre des jours heureux, en réconciliation.

Pour cela, je suis prêt, à faire de gros efforts,
A rester près de toi, à veiller quand tu dors,
Et à me contenter, même si j'ai très faim,
D'un vulgaire petit os, et d'un morceau de pain.

Je n'ai jamais rien dit, lorsque tu m'as frappé,
Sans aucune raison, quand tu étais énervé,
Tu avais tous les droits, j'étais à ton service,
Je t'aimais sans compter, j'acceptais tous tes vices.

Tu m'as mis à la chaîne, ou tu m'as enfermé,
Tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger,
J'ai dormi bien souvent, dans ma niche sans toit,
Paralysé, raidi, tellement j'avais froid.

Pourtant, si tu reviens, nous partirons ensemble,
Nous franchirons en chœur, la porte qui ressemble,
A celle d'une prison, que je ne veux plus voir,
Et dans laquelle, hélas, j'ai broyé tant de noir.

Voilà, mon rêve se termine, car je vois le gardien,
Puis l'infirmière, et le vétérinaire plus loin,
Ils entrent dans l'enclos, et leurs visages blêmes,
En disent long pour nous, sur ce qu'ils nous amènent.

Je suis heureux, tu vois, car dans quelques instants,
Je vais tout oublier, et, comme il y a deux ans,
Je m'endormais sur toi, mon cher et grand ami,
Je dormirai toujours, grâce à …l'euthanasie.

Et s'il t'arrive un jour, de repenser à moi,
Ne verse pas de larmes, ne te prends pas d'émoi,
Pour toi, j'étais " qu'un chien ", tu préférais la mer,
Tu l'aurais su avant, j'aurai payé moins cher.

A vous tous les humains, j'adresse une prière,
Me tuer tout petit, aurait peiné ma mère,
Mais il eut mieux valu, pour moi, cette manière,
Et vous n'auriez pas eu, aujourd'hui, à le faire.









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Morvan
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Message Sujet: Re: Poèmes, pensées, textes dédiés aux animaux   Mer 17 Juin 2015 - 19:55

Debout ! Evidemment... debout.

La mort du vieux limier
Le vieux chien s’aperçoit que son jarret se lasse
Et son flair si subtil maintenant le trahit,
Comprenant que son cœur avec l’âge se glace,
Un chagrin sombre l’envahi
Pourtant il ne veut pas, comme un roquet vulgaire,
Finir ignoblement, sur un tas de fumier,
Lui, qui d’un équipage en renom fut naguère
Le plus impeccable limier.
C’est en pleine forêt, aux alentours d’un chêne
Où plus d’un solitaire à tenu les abois,
Qu’il tombera laissant sa dépouille prochaine
Aux tombeaux muets des grands bois
Là se couchant en rond dans la fraîcheur des herbes,
Avant de trépasser, il veut revivre encore
Les souvenirs lointains des hallalis superbes
Aux appels éclatant des cors.
Et les beaux rendez-vous, les jours de grande chasse,
Les clameurs du lancé, les galops furieux,
Les curées aux flambeaux, au bord de la terrasse
Lui reviennent devant les yeux.
Il songe aux vieux piqueux, son compagnon de gloire,
En même temps que lui, en maints combats blessé
A la blonde duchesse, aux doigts fluets d’ivoires,
Dont il fut un jour caressé.
Il songe et lentement, se lève de sa couche,
Croyant ouïr la voie qui le héla souvent,
Puis appuyant son flanc trop lourd sur une souche,
Il meurt debout, il meurt debout
Il meurt debout, le nez au vent.



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Morvan
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Message Sujet: Re: Poèmes, pensées, textes dédiés aux animaux   Sam 11 Juil 2015 - 17:55

Voici la traduction d'un très beau texte de l'éducatrice canine Janine Allen, "I rescued a human today", paru en 2008 en anglais sur le site Rescue Me Dog


J'ai sauvé un humain aujourd'hui

Ses yeux ont croisé les miens alors qu'elle suivait le couloir, regardant avec appréhension à travers les boxes. J’ai ressenti immédiatement sa détresse et su que je devais l’aider.

J'ai remué la queue, sans trop d’exubérance pour ne pas lui faire peur.

Comme elle s'arrêta devant mon chenil, j'ai détourné son regard d'un petit accident que j'avais laissé au fond de ma cage. Je ne voulais pas qu’elle sache que je n’avais pas été sorti aujourd’hui. Parfois les travailleurs du refuge, fatigués, sont débordés et je ne voulais pas qu’elle pense du mal d’eux.

Tandis qu'elle lisait ma carte d'adoption, j'espérais que mon passé ne l’attristerait pas. Je ne peux que me tourner vers le futur et souhaite compter dans la vie de quelqu’un.

Elle se mit à genoux et me fit des petits bruits de bisous. J’ai collé mon épaule et le coté de ma tête contre les barreaux pour la réconforter. Du bout des doigts, elle caressait doucement mon cou, elle était prête à tout pour avoir de la compagnie.

Une larme a coulé sur sa joue et j’ai levé la patte pour lui assurer que tout irait bien.

Aussitôt, la porte de mon box s’ouvrit, son sourire était si radieux que je lui ai tout de suite sauté dans les bras.

J’ai promis de prendre soin d’elle.
J’ai promis d’être toujours à ses cotés.
J’ai promis de faire tout mon possible pour voir ce sourire radieux et cette étincelle dans ses yeux.

J’étais tellement chanceux qu’elle passe par mon couloir. Tant d'autres sont encore dehors qui ne sont jamais venus dans ces allées. Au moins j’en ai sauvé un.

Aujourd’hui, j’ai sauvé un humain.


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Dernière édition par Morvan le Ven 29 Jan 2016 - 14:01, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Poèmes, pensées, textes dédiés aux animaux   Dim 9 Aoû 2015 - 13:01

Hommage au chien derrière ses barreaux
Auteur inconnu

Le vent souffle en rafales à travers les barreaux,
Au fond du box miteux, un vieux chien se tient droit,
L’hiver il connait ça, il ne craint pas le froid,
et même s’il se sent faible, il ne dit pas un mot.

Cinq ans déjà qu’il est au fond de cette cage,
Il a même oublié au juste, quel est son âge,
Ses douleurs lui rappellent qu’il n’est plus un jeune chien,
Mais il se tient bien droit, il ne lâchera rien.

Ses visiteurs qui passent, il faut bien les charmer…
Alors il se tient droit, il oublie son arthrose,
Il espère qu’on lui trouve un petit quelque chose,
Il espère tant et tant, et depuis tant d’années.

La chaleur d’un foyer, bien sûr qu’il l’a connu.
L’amour, il l’a donné bien plus qu’il n’en a eu,
Il les a protégés, aimés, défendus et veillés,
Il n’a eu en retour que cet ultime rejet.

C’était une matinée chaude et ensoleillée.
Son maître l’a largué ici et a rempli deux, trois papiers.
Lui, il n’a rien compris, mais en bon chien, il était sage.
Et pour faire taire sa peur il a rassemblé son courage.

Les aboiements des autres, où il sent de la peur,
Ces sacs poubelles qui passent, tous ces corps sans chaleur,
Ce bruit, ce froid, ces doutes, et tous ces visiteurs,
Cet éternel ballet dans ce déluge d’odeurs.

Il a bombé le torse, il a fait les yeux doux,
Il n’a pas aboyé, pour ne pas leur faire peur,
Et pourtant pas un seul n’a su lire dans son cœur.
Le refuge ferme ses portes, tout est noir, tout est flou.

Alors le vieux chien se couche dans son panier.
Ce n’est pas grave, pense-t-il, demain, j’y arriverai.

Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que demain, en matinée,
Il a été prévu qu’il serait euthanasié.


Photo de Monique, Association Sauvetage Chats et Chiens


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Message Sujet: Re: Poèmes, pensées, textes dédiés aux animaux   Lun 8 Oct 2018 - 18:41

Je m'appelle Reggie et j'ai été abandonné.






Ils m’ont dit que ce grand Labrador noir s’appelait “Reggie”, tandis que je l’observais allongé dans son enclos. Le refuge était propre, et les gens qui y travaillaient avaient l’air sympathique. Cela faisait à peine six mois que je venais d’emménager dans cette petite ville universitaire, mais je trouvais déjà que les gens étaient chaleureux et très accueillants. Tout le monde vous disait bonjour quand vous les croisiez dans la rue.

Mais une chose manquait encore à ma nouvelle vie dans ce paisible endroit, et je m’étais dit qu’adopter un chien ne me ferait pas de mal. Cela me ferait un peu de compagnie. Et j’avais vu l’annonce concernant Reggie dans un journal local. Les gens du refuge m’ont dit qu’ils avaient reçu de nombreux appels, mais que les personnes qui étaient venues jusque-là ne leur semblaient pas être des “personnes à Labrador”, pour reprendre leurs mots. Ils ont dû penser que j’étais la bonne personne.

Mais au début, je me suis vite rendu à l’évidence et je me suis dit qu’ils m’avaient mal jugé en me confiant Reggie et les objets qui lui appartenaient, qui consistaient en une petite niche, un sac de jouets dont la plupart étaient des balles de tennis encore neuves, sa gamelle, et une lettre scellée de la part de son ancien propriétaire. En fait, Reggie et moi nous n’avons pas particulièrement accroché, une fois de retour à la maison. Ça a été la galère pendant deux semaines (le temps que les personnes du refuge m’avaient demandé de lui donner pour qu’il s’habitue à sa nouvelle maison).Peut-être que moi aussi, il aurait fallu que je m’habitue. Peut-être que lui et moi nous étions, au fond, un peu trop semblables…

Je ne sais pas pourquoi, mais ses affaires (mis à part les balles de tennis—il n’allait nulle part sans en avoir deux englouties dans sa bouche) se sont retrouvées dans un coin avec le reste des cartons que je n’avais pas encore déballés. Je m’étais dit qu’il n’aurait pas vraiment besoin de tous ces vieux trucs, que je lui achèterais de nouveaux jouets une fois que ça irait mieux. Mais j’ai compris très vite que cela ne serait pas le cas.

J’ai d’abord essayé de lui dire les paroles que les gens du refuge m’avaient dit qu’il connaissait, comme “assis”, “reste là” “viens ici” et il écoutait - enfin, quand il lui prenait l’envie. Il n’avait jamais l’air de vraiment m’écouter quand je l’appelais par son nom - bien sûr, il regardait vaguement vers moi après la quatrième ou cinquième fois, mais il reprenait presque immédiatement le cours de ses occupations. Quand je l’appelais encore, on aurait presque cru l’entendre soupirer avant qu’il obéisse enfin à contrecœur.

Je savais que cela n’allait pas être possible. Il a mâché deux paires de chaussures et il a détruit l’un de mes cartons. J’étais peut-être un peu trop froid avec lui, et je savais qu’il ressentait cela. Cela ne collait pas du tout entre nous, au point que j’ai fini par attendre avec impatience la fin de la deuxième semaine pour pouvoir le rapporter au refuge. Le moment venu, je cherchais frénétiquement mon téléphone au milieu de mes cartons. Je me suis souvenu que je l’avais laissé sur l’un des cartons de la chambre d’amis, mais j’ai dit cyniquement entre mes dents que ce “foutu corniaud l’a probablement mangé”.

Finalement, j’ai retrouvé le téléphone mais avant d’avoir pu taper le numéro du refuge, j’ai trouvé son panier et d’autres jouets. J’ai balancé le panier dans la direction de Reggie, et c’est là qu’il a commencé à le renifler et à remuer la queue. C’était la première fois que je le voyais si enthousiaste, mais quand je l’ai appelé, il m'a lancé un regard vide et il s’est couché au sol. En me tournant le dos.

Bon, cela ne va pas s’arranger comme ça, ai-je pensé. Alors, j’ai composé le numéro.

Mais j’ai raccroché immédiatement quand j’ai vu l’enveloppe scellée. Ça aussi, je l’avais complètement oublié. “Ok, Reggie,”ai-je dit à voix haute,” voyons si ton ancien maître a des conseils à me donner.” J'ouvre alors l'enveloppe et tombe sur une lettre:

À celui qui adoptera mon chien :

Bon, je ne peux pas vraiment dire que je sois heureux que tu lises cette lettre, que j’ai confiée au refuge en leur disant qu’elle ne pourrait être ouverte que par le nouveau maître de Reggie. Je ne suis pas non plus heureux de devoir l’écrire. Si tu lis ceci, cela signifie que je viens de rentrer de mon dernier trajet en voiture avec mon chien, après l’avoir laissé au refuge. Il savait que cette fois, quelque chose était différent. J’ai déjà emballé toutes ses affaires pour les mettre dans le coffre arrière de la voiture, mais cette fois-là… C’est comme si il savait que quelque chose n’allait pas. Et quelque chose ne va pas… c’est pourquoi je dois tout faire pour que tout aille bien.

Alors, laisse-moi te parler un peu de mon Labrador, dans l’espoir que cela vous aide à vous lier d’amitié tous les deux.

Tout d’abord, tu l’auras remarqué, il adore les balles de tennis. Plus il en a, plus il est content. Parfois je me demande s-il n’est pas croisé avec un écureuil, vu comme il aime les collectionner. D’habitude, il en a toujours deux fourrées dans sa bouche, et il essaye d’en faire rentrer une troisième. Jusqu’ici, il n’a jamais réussi. Tu peux les lancer ou tu veux, il se mettra à courir après - alors attention à ne pas le faire près d’une route. J’ai fait cette erreur une fois, et il a bien failli se faire renverser.

Ensuite, il y a les mots qu’il connaît. Les gens du refuge te l’ont peut-être déjà dit, mais il connaît les mots les plus courants— “assis”, “reste là”, “viens ici.” Il sait aussi donner la patte et il est réactif aux signes de la main. Il fait “couché” quand il a envie - mais je suis sûr que tu pourras travailler cela avec lui. Il connaît les mots “balle” “croquette” et “os”. Je l’ai dressé en lui donnant des petites récompenses. Le mieux pour qu’il ouvre grand les oreilles, c’est des petits morceaux de saucisse.

Il est à jour dans ses vaccins. Appelle le vétérinaire pour récupérer le dossier, c’est un type bien et il te rappellera quand il faudra l’amener là-bas. Mais sois prévenu : Reggie déteste le vétérinaire. Bonne chance pour le faire monter dans la voiture (je ne sais pas comment il sait quand on l’y emmène, mais crois-moi, il sait !)

Enfin, laisse-lui le temps de s’adapter. Je n’ai jamais été marié, alors ça a toujours été juste lui et moi, depuis qu’il est né. Il me suivait partout, alors si tu peux, amène-le en voiture avec toi quand c’est possible. Il a l’habitude, il est propre et n’aboie pas. Il adore sortir et passer du temps avec des gens, et avec moi tout particulièrement.

Ce qui signifie que la transition sera très dure pour lui, puisqu’il n’a jamais vécu dans une autre maison que la mienne.

Et c’est pourquoi il est temps que je te dise la vérité et que je te donne quelques informations supplémentaires…

Son nom n’est pas Reggie.

Je ne sais pas pourquoi j’ai fait cela, mais quand je l’ai laissé au refuge, je leur ai dit qu’il s’appelait Reggie. Je n’ai tout simplement pas pu leur dire son vrai nom. Si je l’avais fait, cela m’aurait paru si extrême que cela aurait été comme admettre le fait que je ne le reverrais plus jamais. Et si jamais je reviens, que je le récupère et que je déchire cette lettre, cela voudra dire que tout va bien. Mais si tu es en train de lire ceci, alors… alors ça veut dire que son nouveau propriétaire doit connaître son vrai nom. Cela t’aidera à te lier d’amitié avec lui. Qui sait, peut-être même que tu remarqueras quelques changements, s’il te pose des problèmes au début.

Son vrai nom est Tank. Parce que c’est ce que je conduis.

Si tu lis ce message et que tu habites dans le coin, peut-être que tu auras lu mon nom dans les journaux. J’ai dit aux gars du refuge qu’ils ne proposent pas “Reggie” à l’adoption tant qu’ils n’auront pas reçu un appel de la part du commandant de ma compagnie. Tu comprends, mes parents sont partis, je n’ai pas de frère et sœurs, personne à qui j’aurais pu confier Tank… Et la seule requête que j’ai fait à l’armée quand ils m’ont annoncé mon déploiement en Irak, c’était de prévenir le refuge… en cas d’”accident”... pour leur dire que Tank était prêt à avoir un nouveau maître. Heureusement, mon colonel adore lui aussi les chiens, et il savait bien vers où ma division avait été envoyée. Il m’a donné sa parole qu’il s’en occuperait personnellement. Et si tu lis ceci, alors cela signifie qu’il a tenu sa parole.

Bon, désolé, cette lettre devient vraiment déprimante même si, franchement, je l’écris juste pour mon chien. Je n’imagine même pas ce que cela aurait été si j’avais dû le faire pour une femme et des enfants… mais quand même, Tank a été ma seule famille au cours des six dernières années.

Et à présent, j’espère que tu sauras lui faire une place au sein de ta famille à toi, qu’il s’habituera et qu’il finira par t’aimer tout comme il a pu m’ aimer.
Cet amour inconditionnel, c’est ce que j’ai emporté avec moi, comme une source d’inspiration pour faire don de moi-même pour protéger les autres. Si je devais abandonner Tank pour le faire, alors je suis heureux de faire ce sacrifice. Il était pour moi un exemple d’amour et de dévouement. J’espère l’avoir honoré par mon dévouement envers mes camarades de front.

C’est bon, c’en est assez. Ce soir, je serais envoyé au front, et je dois encore déposer cette lettre au refuge. Je ne pense pas que j’irais dire au revoir à Tank une nouvelle fois. J’ai bien assez pleuré la première fois. Peut-être que je glisserai juste un regard, pour voir s'il a finalement réussi à mettre cette troisième balle de tennis dans sa bouche.

Bonne chance avec Tank. Soigne-le bien, et donne-lui une caresse en plus de ma part, chaque soir, pour lui dire bonne nuit.

Merci,

Paul Mallory




J’ai replié la lettre, et je l’ai replacée avec précaution dans l’enveloppe. Bien sûr, j’avais entendu parler de Paul Mallory, tout le monde en ville le connaissait, même les nouveaux habitants comme moi. Un gosse du coin, mort en Irak quelques mois auparavant et décoré à titre posthume de la croix d’honneur, pour avoir sauvé trois de ses compagnons avant de mourir. Les drapeaux avaient été en berne tout l’été.

Je me suis penché en avant, les coudes posés sur les genoux, et j’ai regardé le chien.

“Hé, Tank,” ai-je murmuré. La tête du chien s’est soudainement redressée, ses oreilles se sont dressées et son regard s’est illuminé.

“Viens par ici.” Il était debout, ses ongles ont cliqueté sur le parquet. Il s’est assis devant moi, la tête penchée, comme s’il cherchait ce nom qu’il n’avait pas entendu depuis des mois.

“Tank,” ai-je murmuré. Sa queue se mit à battre l’air.
J’ai continué à murmurer ce nom, encore et encore, et chaque fois, ses oreilles se baissaient un peu plus, son regard d’adoucissait et son corps se détendait tandis qu’une vague de bonheur semblait le traverser. J’ai frotté ses oreilles, j’ai gratté son dos, j’ai enfoui mon visage dans sa fourrure tout en le serrant contre moi.

“C’est moi, Tank, juste toi et moi. Ton vieil ami t’a confié à moi.” Tank a tendu la tête et m’a léché la joue. “Alors, tu veux jouer à la balle?” Ses oreilles se sont alors dressées d’un coup. “Hein? La balle? T’aimes ça, hein ? La balle ?” Tank s’arracha de mes bras et disparut d’un bond dans l’autre pièce.

Quand il est revenu, trois balles de tennis se trouvaient dans sa bouche...

Source: Démotivateur.fr


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